
Là où les grands industriels de l’automobile partagent leurs données dans le but d’optimiser leurs chaînes de production, le tourisme marque un retard considérable en termes d’observation. Il faut dire que l’exercice est difficile : une industrie éclatée en milliers d’acteurs et répartit sur l’ensemble du territoire. Bien que certaines briques du tourisme soient fédérées, aujourd’hui, personne n’arrive à mesurer précisément l’ensemble des flux touristiques à l’échelle nationale.
Il faut savoir que depuis très longtemps, les organismes de gestion de destination (OGD) et les politiques cherchent à connaître l’empreinte laissée par l’activité touristique. Les premières données traitées ont été les traces physiques (Fournier et Jacquot, 2014) : la fréquentation des télépéages, les photographies aériennes, la fréquentation hôtelière. Il faut noter également l’utilisation de quelques techniques plus surprenantes : le volume de déchets, le nombre de baguettes de pain vendues ou encore le nombre de cierges brulés à Notre-Dame de Paris.
Aujourd’hui, les traces numériques sont privilégiées et de nouveaux moyens d’observation sont apparus.
Beaucoup d’entités ont mesuré et mesurent encore le volume de fréquentation grâce à des questionnaires de remplissage auprès des hébergements touristiques marchands. Il s’agit d’enquêtes envoyées en cours ou en fin de saison, dans lesquelles les gérants donnent leur taux d’occupation et leur ressenti sur la saison écoulée. Cette méthode a permis à l’INSEE de collecter de la donnée à très grande échelle. Cependant, le système étant basé sur du déclaratif, rien ne garantissait la véracité de la donnée. De plus et au-delà de l’incertitude sur la précision des réponses fournies, ces analyses ne pouvaient être établies que 5 à 6 mois après la saison touristique.
Les collectivités territoriales peuvent mesurer leur fréquentation touristique grâce à la taxe de séjour collectée auprès des hébergeurs touristiques. La fiabilité de la donnée est ici mieux garantie. Cependant, la profondeur de la donnée ne permet pas une utilisation opérationnelle : seul le nombre de personnes majeures est collecté. Il faut également noter que la taxe de séjour, si elle est collectée au forfait ne permet en aucun cas de mesurer les volumes de fréquentation.
Orange et MasterCard proposent une analyse bien plus établie que les solutions d’observation précitées. En effet, ils peuvent analyser les déplacements établis par leurs clients. Orange récupère les données de bornage téléphoniques. De son côté, MasterCard récupère les utilisations de carte bancaire de ses clients. En plus de connaître les flux touristiques, ces deux entreprises permettent de réaliser une segmentation de la clientèle. Ainsi, grâce à Flux Vision Tourisme et Recovery Insight, connaître les origines de clientèle présentes sur votre territoire est possible. Néanmoins, ce système trouve une limite de temporalité. En effet, ces solutions ne peuvent pas voir l’évolution des réservations dans le temps. Ici encore, la donnée ne peut est utilisée que comme constat.
La mesure de l’activité touristique se limite aujourd’hui à la compréhension de ce qu’il s’est passé les saisons précédentes. Bien entendu, il est intéressant de réaliser un bilan et de tirer des constats. Néanmoins, le véritable enjeu est l’utilisation que vous pouvez faire de ces données. Ainsi la valeur opérationnelle se trouve dans le remplissage futur et le prédictif.
C’est ce que matérialisait Richard Hackathorn en 2014 dans son ouvrage sur la valeur de la donnée et le temps de latence de la prise de décision : plus le temps passe, plus la valeur de la donnée est faible.
De plus, la richesse de la donnée réside également dans sa profondeur. Connaître le nombre de nuitées ne suffit pas à prendre des décisions pertinentes. Pour que les flux touristiques soient utilisables, il faut se pencher sur de plus amples informations telles que la date de création de la réservation, la date de séjour, l’origine de la réservation (canal de distribution), l’origine du client, le produit consommé, ou encore sa valeur marchande. Seul un croisement complet de ces critères permet une analyse pertinente et utile pour votre hébergement touristique.
Chez RMD Technologies, nous mettons à votre disposition une approche complète de Revenue Management adaptée aux besoins spécifiques de chaque hôtel. Notre équipe réalise un état des lieux approfondi de la valeur réelle de votre établissement pour ensuite définir une grille tarifaire optimisée et une stratégie annuelle sur mesure. Nous vous accompagnons tout au long de l’année avec des points réguliers pour analyser vos performances et ajuster vos actions.
Grâce à notre Tableau de Yield Management (TYM), vous accédez en temps réel aux indicateurs clés, vous permettant ainsi de prendre des décisions éclairées qui maximisent vos revenus tout en maintenant votre compétitivité.
Revenue Manager
Issu d’un parcours hôtelier et ayant réalisé diverses expériences dans le secteur du tourisme, Maxime a déjà bien appréhendé le milieu dans lequel il évolue.
Il cherche aujourd’hui à avancer au sein d’une entreprise soucieuse d’un développement économique viable pour les hôteliers indépendants.
Aujourd’hui, gérer un hôtel, c’est se retrouver au cœur d’une véritable tempête économique et concurrentielle. Les hôtels évoluent dans un environnement féroce, où des géants de la distribution et des plateformes de réservation en ligne dominent le marché. Ces acteurs puissants ont redessiné les règles du jeu, forçant les hôteliers à s’affronter les uns les autres pour chaque client. La bataille est rude, et le coût de la visibilité ne cesse de croître.
Ajoutez à cela la pression financière et actionnariale pour obtenir des résultats rapides et rentables. Les marges sont minces, les coûts de distribution explosent, et le retour sur investissement devient incertain. Ce climat tendu laisse souvent les hôteliers désorientés, manquant de repères et de solutions durables pour tirer leur épingle du jeu.
Pourtant, derrière chaque établissement, il y a des hommes et des femmes qui créent la véritable valeur. Ils mettent leur cœur et leur passion dans l’accueil des clients, dans l’expérience qu’ils offrent.
Mais cette valeur humaine, cet investissement émotionnel, combien vaut-il vraiment dans un monde où les chiffres semblent primer sur tout le reste ?